Comment se masque l’exploitation capitaliste ?

Comment se masque l’exploitation capitaliste ?

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Dans la société capitaliste, le travail salarié est par son essence même un esclavage salarié. Si l’esclave romain était enchaîné à sa place de travail, l’ouvrier salarié est attaché au propriétaire par la menace de la famine, par les liens du besoin, de la peur. Le fouet est avantageusement remplacé par les amendes. Les lois implacables du mode de production capitaliste attachent l’ouvrier au char du capital.

Mais l’exploitation capitaliste est masquée par des illusions dues à ses propriétés fondamentales, à ce qui la distingue des formes d’exploitation qui l’ont précédée. La bourgeoisie utilise habilement les illusions créées par le travail salarié afin d’amener les ouvriers à fournir une somme de force physique et intellectuelle impensable dans les sociétés esclavagiste et féodale. Le capitalisme a inventé une profusion de méthodes et de systèmes ingénieux qui font passer l’esclavage du travail salarié pour, en quelque sorte, « une participation aux bénéfices », « social partnership », etc. A l’heure actuelle, les avocats du capital affirment que la nature du capital aurait changé, qu’une « démocratisation du capital » se serait produite et que régnerait désormais l' »Etat de la prospérité générale ».

En réalité, l’essence de l’exploitation du travail par le capital est resté invariable, bien que de nombreuses modifications soient intervenues dans le monde, notamment dans les pays capitalistes. La lutte acharnée et pleine d’abnégation de la classe ouvrière pour ses intérêts vitaux a porté ses fruits. Le capital est contraint, de temps à autre, à faire des concessions. Dans les pays évolués du capitalisme, la journée de travail n’est plus de douze heures comme il y a cent ans, mais, dans la plupart des cas, de huit heures.

Cependant, malgré ces concessions arrachées par la classe ouvrière à la bourgeoisie, l’essence du régime capitaliste n’a pas changé. c’est un régime fondé sur l’exploitation du travail par le capital. L’abîme qui sépare le travail du capital, loin de disparaître, continue à s’approfondir. Le développement du capitalisme aboutit à l’enrichissement d’une poignée d’hommes au sein de la bourgeoisie, alors que l’immense majorité de la population se prolétarise, c’est-à-dire devient une masse de non-possédants réduits à vendre leur force de travail. Même dans les pays capitalistes les plus développés, des millions de travailleurs souffrent du chômage et de la misère, de l’incertitude du lendemain. L’exploitation capitaliste s’accentue. Les augmentations de salaire retardent sensiblement sur les rythmes d’accroissement de la productivité du travail, sur les cadences de son intensification et la multiplication des besoins sociaux. Ces augmentations sont incompatibles avec l’augmentation des profits monopolistes.

-L.Leontiev


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