Le capitalisme est un régime social dominé par l’anarchie, c’est-à-dire que la production n’y est pas planifiée. Le capital organise le travail de centaines et de milliers d’ouvriers séparément dans chaque entreprise. Mais dans la production sociale dans son ensemble, on voit régner l’arbitraire, dû à la propriété privée, on voit s’accentuer le chaos.
Tous les capitalistes cherchent à obtenir de gros profits, ce qui donne lieu à une lutte acharnée entre eux. Dans cette concurrence, chacun s’efforce d’arracher le plus gros morceau au détriment de son rival, qu’on tente même éventuellement d’éliminer. Là, comme parmi les loups, ne survit que le plus fort, celui qui est capable d’écraser le faible et d’imposer ainsi sa domination. L’anarchie de la production est une loi du capitalisme.
En outre, le capitalisme est caractérisé par un hiatus entre les deux conditions principales de la production; les moyens de production concentrés entre les mains des capitalistes et les producteurs dépourvus de tout sauf de leur propre force de travail. Ce hiatus se manifeste particulièrement lors des crises de surproduction, lorsqu’on voit se créer un cercle vicieux : d’une part, un surplus de produits et, de l’autre, un surplus de force de travail, des masses de chômeurs n’ayant pas les moyens d’acheter.
L’anarchie de la production et l’exploitation du travail par le capital rendent inévitables les crises économiques de surproduction qui secouent de temps à autre les pays capitalistes.
-L.Leontiev
