Une amitié très spéciale nous lie aux chats depuis des milliers d’années. Que ça soit en tant qu’animal domestique ou même une divinité durant l’Égypte antique, ces petites bêtes pourraient bien arborer des surprises susceptibles d’être peu agréables pour certains.
Dans ce que les chercheurs décrivent comme la plus grande étude du genre, ils ont trouvé de nouvelles preuves d’un lien entre l’infection par le protozoaire, Toxoplasma gondii et la schizophrénie.
En quoi consiste ce parasite
Toxoplasma gondii est un protozoaire intracellulaire appartenant au phylum des Apicomplexa. C’est un parasite cérébral qui infecterait au moins 2 milliards de personnes dans le monde, il ne provoque pas de symptômes chez la plupart des personnes infectées – mais les cas graves de toxoplasmose peuvent être dangereux.

Il est généralement suggéré que les adultes en bonne santé ne sont pas exposés aux infections à T. gondii, mais les enfants ou les personnes dont le système immunitaire est affaibli peuvent développer de graves symptômes pseudo-grippaux, ainsi qu’une vision brouillée et une inflammation du cerveau.
Les femmes enceintes doivent également faire preuve de prudence, car le parasite peut causer des anomalies fœtales ou même une fausse couche.
Symptômes
Outre les dangers physiologiques connus, les risques inconnus et plus ambigus associés au parasite restent en grande partie hypothétiques – bien qu’un grand nombre de recherches suggèrent qu’il se passe quelque chose d’étrange.
Ce qui se produit réellement reste très discutable, mais le parasite cérébral – généralement véhiculé par les chats et présent dans leurs matières fécales – a été associé à une multitude d’effets modifiant le comportement.
Pratiquement tous les animaux à sang chaud peuvent être infectés et lorsque T. gondii y pénètre, des événements inhabituels se produisent.
Chez les rongeurs, les animaux perdent apparemment leurs inhibitions, deviennent plus explorateurs et perdent leur peur pour les odeurs de chat.
Le même type de comportement à risque a été observé dans des études humaines, où des liens ont été documentés entre les infections à T. gondii et le taux d’accidents de voiture ou encore l’activité entrepreneuriale.
Les maladies neurologiques et psychologiques
D’autres recherches suggèrent que le parasite pourrait augmenter les taux de suicide, et de nombreuses études ont établi des liens entre ce parasite et toute une gamme de troubles neurologiques, notamment l’épilepsie, la maladie d’Alzheimer et la maladie de Parkinson.
De nombreux scientifiques ont bien du mal à souligner que nous ne pouvons pas encore montrer que ce parasite qui modifierait l’esprit produit réellement ces changements psychologiques – par opposition à leur simple association – mais, tant que le débat se poursuit, de plus en plus de preuves de ces changements, des coïncidences alarmantes se présentent.
Dans cette optique, la nouvelle étude, dirigée par des chercheurs de l’hôpital universitaire de Copenhague au Danemark, a analysé les données de plus de 80 000 personnes ayant pris part à l’étude danoise sur les donneurs de sang – ce qui serait la plus grande étude sérologique à ce jour.
Pour déterminer les liens entre les troubles mentaux et les infections à T. gondii et à un autre agent pathogène commun, le cytomégalovirus du virus de l’herpès (CMV), les chercheurs ont identifié 2 591 personnes dans l’étude sur le sang qui avaient été enregistrées avec des conditions psychiatriques et ont analysé leurs échantillons pour rechercher des traces de virus, anticorps d’immunoglobuline indicatifs des deux infections.
Comparé au groupe témoin, les analyses du sang ont révélé que les sujets infectés étaient près de 50% plus susceptibles d’être diagnostiqués avec des troubles de la schizophrénie par rapport à ceux sans infection.
Comme l’expliquent les chercheurs, le lien est devenu encore plus évident lorsqu’ils ont filtré les données pour prendre en compte un facteur qui consistait à ce que seuls les participants chez qui la schizophrénie n’avait pas encore été diagnostiquée, avaient retrouvé le parasite T. gondii dans leur sang.
Comment faire pour éviter la contamination ?
Il est important de noter qu’en dépit de ces nouvelles données, les chercheurs ne prétendent toujours pas disposer d’une preuve définitive de la relation de cause à effet. Ils reconnaissent également que leur étude ne prend pas en compte les facteurs socio-économiques, qui peuvent influer sur la probabilité d’infection par cet agent pathogène et le développement de troubles psychiatriques.
Pour minimiser votre exposition à la toxoplasmose sans parler de ses ramifications hypothétiques faite en sorte de toujours :
– cuire les aliments à des températures sûres ;
– bien laver les fruits et les légumes ;
– porter des gants pour le jardinage ;
– faire très attention lorsque vous manipulez des litières, les changer fréquemment serait l’idéal ;
– Garder les chats à l’intérieur pour les empêcher de chasser et réduire les risques d’infection ;
– Ne pas adopter ou manipuler des chats errants, en particulier les chatons ;
– Ne recevez pas de nouveau chat pendant que vous êtes enceinte ou durant une période de faiblesse immunitaire.
Références :
https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/16619149
https://www.nature.com/articles/s41598-017-10675-6
https://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S0889159118306998?via%3Dihub
https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/29068607
https://www.cdc.gov/parasites/toxoplasmosis/prevent.html
https://phys.org/news/2018-07-toxoplasma-gondii-parasite-linked-risky.html
http://www.citeulike.org/user/alexisgallagher/article/204827
