Située à 100 km d’Alger, Dellys est une ville côtière sur le littoral nord algérien et qui regorge de toute une panoplie de richesse historique. Sa position géographique avantageuse lui a octroyé au fil des siècles une importance prépondérante aux yeux des différentes civilisations de naguère.
Une brève histoire de la ville
Les premières traces de l’activité humaine dans cette région remontent aux temps préhistoriques.Des temps durant lesquels la culture « Ibéromaurusienne » régnait sur l’ensemble de la bande littorale nord allant de la Tunisie jusqu’au Maroc. Outre les restes d’outils de la période Paléolithique, certaines sources prétendent qu’il y ait la présence de Dolmens (constructions mégalithiques préhistoriques) dans la région mais je n’ai pas eu la chance d’en croiser durant ma visite sur les lieux.

Dellys est entrée dans l’histoire pour la première fois en tant que petite colonie Phénicienne sous le nom de « Rusucurru ». Durant l’Antiquité romaine, la ville a systématiquement fait partie de la Maurétanie Césarienne (le nom de province donné au nord algérien) sous l’appellation de « Resecurus ». En continuité avec cette ère romaine, la ville était le lieu où la Sainte Marcienne naquit approximativement au troisième siècle.
Ce plan de l’ancienne ville indique avec précision l’emplacement du rempart antique romain ainsi que d’autres détails (références en bas):

(Les n° sont ceux de l’Atlas archéologique de l’Algérie) 1 : Segments du rempart antique. 2 : Tour d’angle. 3 : Porte ( ?) antique vers le port. 6 : Mosaïques. 7 : Thermes (mosaïque de Thésée et du Minotaure). 8 : Citernes antiques. 9 : Mausolée de la rue Dumont d’Urville. 10 : Nécropole du Champ de manœuvres. 11 : Emplacement du sarcophage chrétien.
Différentes civilisations ont ensuite enchainé (vandale, byzantine, islamique) jusqu’à l’arrivée de l’empire ottoman. Ce qui reste de la casbah actuelle remonte de cette époque et relate ce passage de l’histoire où la ville devint le siège de la base orientale du gouvernement d’Alger. Durant cette époque la ville de Dellys aurait connu un essor économique et agricole sans égal.
Visite des lieux
Une fois arrivé, j’ai tout de suite remarqué une sorte de séparation, comme si la ville était fractionnée en deux parties bien distinctes. La nouvelle ville, arborant diverses constructions récentes et plutôt anarchiques à mon gout. L’ancienne ville quant à elle, impose le respect par ses vieilles bâtisses d’antan qui nous dépeignent la richesse de l’histoire déjà mentionnée. Je vous expliquerai plus bas comment cette séparation paraissait évidente.

Une fois la voiture stationnée, le premier site que j’ai abordé était celui de la Casbah de Dellys. Aux apparences post apocalyptique au premier regard suite aux dégâts du tremblement de terre de 2003, certaines vieilles maisons demeurent encore habitées et en bon état. Ruelles typiques de la casbah ; chemins étroits, maisons sans fenêtres. L’ambiance quant à elle est très calme, voire même désertique dans certaines zones où les dégâts du séisme étaient plus prépondérants.


Les habitants locaux quant à eux étaient très accueillants et ouverts à la culture du tourisme. Un vieil homme m’a même permis de le prendre en photo, qui selon moi serait la plus réussie de cette sortie :

Petit à petit je descendais de la Casbah en prenant d’anciens escaliers donnant vue sur le vieux port de la ville. Une vue qui ne m’a pas laissé indifférent en plus du beau temps qui faisait durant cette journée. Une vue sur mer, un large port arborant des bateaux de toutes les catégories. La mer était si calme et claire, des montagnes et des hauteurs lointaines à perte de vue m’incitaient à rêver de randonnées pédestres au sommet de chacune d’elles.


En bas des escaliers à gauche, il y avait un chemin qui menait au vieux phare. Il était comme sculpté au sommet d’une falaise rocheuse qui était plutôt avancé par rapport aux côtes avoisinantes. Cet endroit représente un paradis aux géologues et aux adeptes des sciences en la matière.Au pied du phare, on pouvait voir comment cette œuvre de la nature séparait la ville en deux compartiments comme mentionné plus haut.



En se dirigeant au sud de cette position, on pouvait monter légèrement pour pénétrer aux sépultures anciennes entourées d’antiques murs romains.

Ce qui m’a marqué tout au long de mon périple c’était la propreté relative de l’ancienne ville par rapport à la nouvelle. Cette ville représente pour moi une destination que je préconiserais aux aventuriers en quête d’endroits très marqués par l’histoire sous différentes ères.
Toutes les photos ont été prise par A.K.Touahria.
Référence des images d’histoire :
J.-P. Laporte, « Dellys », in Encyclopédie berbère, 15 | Daphnitae – Djado [En ligne], mis en ligne le 01 juin 2011, consulté le 28 avril 2019. URL : http://journals.openedition.org/encyclopedieberbere/2231
