Il est évident que l’état psychologique de la personne engendrera un impact selon la situation en question. Dans le cas de perte d’un proche ou d’un époux par exemple, le chagrin qui en résultera peut augmenter le risque de décès, en particulier chez les couples âgés. C’est ce qu’on appelle le veuvage ou « widowhood effect » en anglais.
Récemment, des preuves tangibles ont été apporté pour montrer que l’intensité du chagrin est un risque important de mortalité. C’est ce qui a été observé chez les personnes âgées, d’après une récente étude.
Un facteur de risque prépondérant
Une équipe dirigée par le chercheur en psycho-neuro-immunologie Chris Fagundes de l’Université Rice a examiné 99 personnes récemment endeuillées ; ils avaient perdu leur conjoint, en moyenne, moins de trois mois auparavant.
Les observations menées avaient montré que les veuves et les veufs étaient plus susceptibles de présenter des facteurs de risque liés aux maladies cardiovasculaires et à la mort, et ici, l’équipe voulait examiner plus en profondeur le coupable impliqué : les marqueurs d’inflammation.
Des recherches antérieures ont bien indiqué que l’inflammation contribue quasiment à toutes les maladies chez les personnes âgées. Parallèlement, il se trouve que la dépression, suite à diverses études, est liée à des taux élevés d’inflammation. Ce qui pourrait conduire à des complications allant jusqu’aux crises cardiaques, voire même des accidents vasculaires cérébraux.
Les 99 participants, déjà mentionnés, ont tous eu droit à un bref entretien. Ainsi, une sorte de classification selon le degré de deuil a été réalisée. L’équipe de chercheurs a également procédé à un prélèvement sanguin afin de comparer le degré d’inflammation à celui du chagrin.
Suite à diverses analyses, il a été observé que les personnes les plus touchées émotionnellement présentaient des niveaux plus élevés de cytokines pro-inflammatoires. Des élévations pouvant aller jusqu’à 50% qu’en temps normal sans chagrin.
Il est à noter que les cytokines sont des protéines de signalisation cellulaire destinées à des fins très variées. Dans ce cas précis, seules les cytokines pro-inflammatoires (IFN-γ, IL – 6 et TNF-α) ont été étudiées.
L’impact des émotions sur la santé
Cette étude est d’une importance imminente et contribuera à une meilleure compréhension des émotions chez l’être humain. Cela montre également que les personnes éprouvant le pire chagrin lorsqu’elles perdent des êtres chers ne vivent pas seulement des difficultés émotionnelles. Leur perte est si grave qu’elle a un impact mesurable sur leur propre santé et leurs marqueurs biologiques.
Il est évident qu’aider des personnes dans ce genre de situations ne va pas se résumer à identifier les éventuelles cytokines dans le sang. Néanmoins, ceci pourra certainement aider à prévenir des pertes supplémentaires de vies humaines.
Références :
https://www.sciencedirect.com/science/article/abs/pii/S0306453017316025?via%3Dihub
https://www.internationaljournalofcardiology.com/article/S0167-5273(13)00658-X/abstract
https://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S1773035X18300522
