Depuis le début de l’utilisation du gaz lacrymogène, à partir de mars 1913 à la préfecture de Paris, les forces de polices et autres institutions chargées de neutraliser d’éventuels forcenés barricadés, se sont mise à utiliser cette substance chimique irritante. Ce stratagème a été, par la suite, adopté à travers le monde, depuis les années 1920, afin de neutraliser et disperser les manifestants.
A ce jour, les lois qui régissent l’utilisation du gaz lacrymogène sont controversées et souvent contradictoires. Alors que beaucoup de pays approuvent l’interdiction à ce sujet, la réalité est très différente. Les défenseurs des droits de l’homme dénoncent farouchement ces utilisations abusives, d’autant plus qu’elles peuvent avoir de graves conséquences sur la santé de l’homme.
Le gaz et ses effets
D’après un rapport de l’université de Toronto, l’utilisation du gaz lacrymogène a suffisamment été négligée et qu’il est temps d’approfondir nos connaissances en termes de conséquences, en particulier sur le long terme. Dans cette même continuité, les effets irritants de ce gaz peuvent éventuellement contribuer à la propagation de virus ou de maladies, dont la Covid-19 à titre d’exemple.
Le principal composant de ce gaz est le gaz CS (2-chlorobenzylidène malonitrile) largement répondu dans cette industrie. Il est censé provoquer un larmoiement, des sensations de brûlures dans les yeux, la gorge et le nez ainsi qu’une respiration restreinte.
Compte tenu le manque de données et le fait qu’il y ait peu de recherches à long terme sur ce sujet, les experts du domaine ont appelé à un moratoire concernant l’utilisation de ce gaz. Une étude menée en 2014 par l’armée américaine a révélé que l’exposition au gaz lacrymogène CS une seule fois augmenterait fortement vos chances de développer des maladies respiratoires. La COVID-19 agit également sur les poumons, notent les chercheurs, ce qui signifie que l’utilisation de gaz lacrymogène en ce moment sur les manifestants est particulièrement inquiétante.
En réponse à ces utilisations abusives, notamment au cours des dernières manifestations, plus d’un millier de professionnels de la santé publique aux États-Unis ont signé une lettre ouverte en juin 2020 exhortant les forces de l’ordre à cesser d’utiliser les gaz lacrymogènes, la fumée et d’autres irritants respiratoires, car ils pourraient augmenter le risque de transmission du COVID-19, tout en laissant également les poumons vulnérables à d’éventuelles infections.
L’American Academy of Ophthalmology a condamné l’utilisation de gaz lacrymogène et de balles en caoutchouc, car lorsqu’ils sont tirés à courte distance, ils peuvent en fait aveugler les gens. Plusieurs manifestants contre la brutalité policière aux États-Unis ont déjà été aveuglés ou ont été gravement blessés à l’œil par ces armes.

Son utilisation à travers le monde
Compte tenu de l’ampleur de l’infiltration de ces gaz lacrymogènes, les chercheurs de l’Université de Toronto affirment que l’utilisation de ces produits chimiques à proximité des hôpitaux et des écoles a particulièrement été remarquée.
À Hong Kong, notamment suite aux innombrables manifestations en 2020, des écoles et des hôpitaux entiers ont dû être nettoyés en profondeur et leurs systèmes de ventilation remplacés après que des gaz lacrymogènes se sont infiltrés à proximité. Un rapport à cet effet indique que plus 10.000 grenades de gaz ont été tirées afin de disperser les manifestants.
Au milieu des préoccupations croissantes du public américain, « Planned Parenthood » a commencé une étude sur la façon dont l’exposition à ces produits chimiques pourrait avoir un impact sur la grossesse.
Si une dose de gaz lacrymogène est suffisamment toxique, elle peut même entraîner une insuffisance respiratoire et la mort, et ce risque augmente considérablement lorsque les irritants chimiques sont déployés dans des espaces clos.
Certains pays ont des contrôles plus stricts sur les gaz lacrymogènes que d’autres, mais dans l’ensemble, ces règles sont peu appliquées, et le manque de réglementation internationale signifie que cela est à peu près à la discrétion des forces de l’ordre.
Pour éviter de nouvelles transgressions, le rapport de l’université de Toronto, mentionné plus haut, rejoint l’appel à l’interdiction des gaz lacrymogènes sur des citoyens, comme c’est le cas dans la guerre internationale.
Références :
https://www.bbc.com/news/av/world-51601231
https://www.businessinsider.fr/us/experts-long-term-effects-tear-gas-exposure-hong-kong-2020-1
https://www.bbc.com/news/av/world-europe-51783410
https://www.abc.net.au/news/2020-08-09/beirut-blast-anger-as-protesters-clash-with-police/12538658
https://theferret.scot/uk-tear-gas-fired-pro-democracy-protestors-greece/
https://www.hrw.org/news/2020/09/04/india-stop-using-pellet-firing-shotguns-kashmir
https://ihl-databases.icrc.org/customary-ihl/eng/docs/v2_cha_chapter24_rule75
https://ihrp.law.utoronto.ca/sites/default/files/media/Legality%20of%20Teargas%20-%20Aug25%20V2.pdf
https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/articles/PMC1127513/
https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/articles/PMC5096012/#nyas13141-bib-0035
https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/25003867/
https://www.businessinsider.com/rise-of-the-3-billion-tear-gas-industry-protests-2020-8?IR=T
https://drive.google.com/file/d/1Jyfn4Wd2i6bRi12ePghMHtX3ys1b7K1A/view
